Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

Extraits du drame intimiste. 

 Clins d'oeil sur l'Egypte ancienne et le couple mythique : Akhenaton et Nefert-ity, la belle est venue.
 Merci  pour vos
commentaires.

  Remerciements à l'écrivain Edwige Fournier -Lemaître pour le résumé et à la graphiste Ingrid pour la
maquette  du  livre (futur, s'il trouve Editeur).
                            
                             * * * *
  Résumé :


 
"Le  Caire 2002 - C'est en prison que Gérard Nora, rédacteur photographe, découvre à travers les confidences d'un journal intime, les sentiments nourris par Amalia à son égard. Dans quel dessein Raïssa, la sœur de celle-ci, le lui remet-elle ? Page après page, Gérard Nora répond comme si Amalia était encore là pour le lire. Si Raïssa fut la confidente d'Amalia, quel fut le rôle exact de Jamel, le mari complaisant ? En se prêtant à son tour à l'introspection, Gérard Nora découvrira les motivations secrètes de chacun des protagonistes et leurs rôles pervers. Dans ce jeu du chat et de la souris,  l'ambiguïté gère une histoire d'attirance des plus insolites.
La séduction vue tour à tour par un Européen distant, équivoque, et par une Egyptienne mariée, piégée par son statut social et  culturel. Amour virtuel pour elle, cécité affective pour lui ou suprême manipulation ? Délicat de se prononcer  sur ces échanges de regards, de gestes esquissés, d’indifférence feinte, et de non-dit qui les mèneront à une fin tout aussi imprévisible que déroutante. Le lecteur se laisse vite prendre à leur jeu sans se douter une seconde de ce qui lui réserve les dernières pages."


* * * *
Prologue

Prison du Caire
Juin 2002   

  Entre ces murs galeux, surchauffés et imprégnés par l'odeur rance de sueur et d'urine, j'ai perdu la notion du temps. Seuls le grincement métallique de la porte de ma cellule et l'aboiement de mon gardien m'ont tiré de ma prostration. "Nora au parloir !". Mes pas se sont alourdis et la cadence de mon pouls s'est accélérée en apercevant la visiteuse derrière la vitre de plexiglas. Amalia! Hallucination ? Non, simple ressemblance. La présence de Raïssa m'a néanmoins déconcerté. La haine suintait de son regard glacial et acidifiait ses paroles : "Vous avez déclaré ne pas connaître ma sœur plus que cela. Vous mentez ! Je sais tout, je peux vous confondre ! Amalia tenait un journal., dit-elle le brandissant comme une arme. Lisez-le, il est très instructif. Celui-ci est une copie, évidemment". Interloqué, je l'ai regardé tourner les talons et le remettre à mon cerbère, suspicieux avant d'être gratifié d'un bakchich prestement empoché. J'ai manqué de vivacité d'esprit pour lui dire que je ne tenais pas à le lire. Amalia Makouf ne m'avait-elle pas fait suffisamment de tort ? Quand arrêterait-elle de  me harceler ?
    Le journal est resté planqué sous ma paillasse jusqu'à ce que j'ose l'en extraire. Peur ou scrupules, c'était bien le moment d'en éprouver. Accusé d'avoir outrepasser mes droits sur la femme, on m'arrogeait celui de violer le sanctuaire de ses pensées, une intimité dont je n'étais pas légataire. Pourquoi avais-je succombé à la tentation qu'elle représentait ? Je n'avais qu'un geste à faire pour le comprendre.
    Par curiosité et voyeurisme, je n'ai pas laissé la sagesse de la nuit me conseiller. Avec la complicité de la lune et dans la relative intimité que m'assurait le rythme régulier des ronflements de mon codétenu,  fébrile j'ai débuté ma lecture. L'aube pointait. Avec un arrière goût de fiel en bouche, j'ai dégluti sans les digérer les derniers mots écrit par Amalia.    Quelle preuve accablante ! Un vrai rapport d’autopsie scrupuleux de notre relation ! Tout y était et plus encore. je réalisais que son stylo affûté tel un scalpel m’avait charcuté toutes ces années avec une délectation morbide et disséqué minutieusement sans répugner à fouiller mes entrailles. Effrayant ! Lire ces lignes qui élucidaient en partie le mystère de ma progressive descente en enfer, c'était contempler ma chair à vif, mon âme à nu. Cette rétrospective était à l’homme que j'étais devenu un chemin de croix aussi douloureux qu’expiatoire. ....
   
     ---------------------------------------------------------------------------------------------------

Journal d’Amalia

Le Caire, décembre 1999.
    Depuis trop longtemps, je suis obnubilée par un homme. Un homme quasi virtuel. Mon état mental en est-il rendu au stade pathologique ? Sans doute serait-ce le diagnostic d'un psychiatre comme Youssef s'il n'était l'ami de Jamel, mon mari, et que je pouvais lui confier mes pensées intimes. L'origine de ma présente inquiétude est le drame professionnel qu'il vient de vivre : le suicide  de l'une de ces patientes. Elle souffrait d'une psychose obsessionnelle à type érotique communément appellé "Erotomanie ou "Folie de l'amour chaste". Ces dernier mois, Youssef a été victime des troubles passionnels de cette jeune femme. "Ces amoureux platoniques, idéalistes, sont le jouet de leur imagination et de leurs interprétations. L'illusion délirante qu'ils ont d'être aimé peut autant leur faire courir de graves dangers qu'à l'objet de leur désir. Cela va du meurtre par jalousie  au geste de désespoir, celui-ci restant le plus fréquent." nous a expliqué Youssef. C'est le cas de sa malheureuse patiente lorsqu'elle a appris son mariage.
    Je fus ébranlée par la description des symptômes qu'engendrent cette maladie mentale. Elle me renvoyait à la relation atypique que j'entretenais en secret, depuis plus de dix ans, avec un certain journaliste de presse. Le fossé est parfois étroit entre le sain et le pathologique et rien ne m'assurait qu'à mon tour…  Erotomane ? Allais-je le devenir ? Je n'en suis qu'à la névrose car encore consciente de mes troubles. Mais, c'est bien de troubles qu'il s'agit  dès qu'il est question de Gérard Nora : trouble des sens, de la pensée, du réel et de l'analyse. Je suis aliénée au plaisir corrosif qu'induit sa présence, asservie au pouvoir jouissif des désirs que je projette sur lui. Ma quête de réciprocité a depuis longtemps fait de moi une girouette qui oscille entre brise et vent mauvais. Comment ai-je contracté ce mal et est-il incurable ? Pour le comprendre et dans l'espoir de la rémission ou la guérison de ma folie, s'il devait y avoir, ma psychanalyse se bornera à allonger sur le papier le récit des tranches obscures de ma vie intérieure.
        .... Protégé
 SNAC

 

Tag(s) : #romans inédits

Partager cet article

Repost 0